#information
Si Beale Street pouvait parler Barry Jenkins Durée : 01h59 Version : VOST Nationalité : U.S.A. Année : 2018 Date de sortie : 30 janvier 2019 Drame Avec : KiKi Layne, Stephan James, Regina King, Colman Domingo, Teyonah Parris
#bande annonce
#synopsis

Etrangement, il n’existait pas d’adaptation au cinéma de James Baldwin, le grand romancier américain du peuple noir, si l’on excepte la tentative de trans­position marseillaise de Robert Guédiguian A la place du cœur, il y a vingt ans. Pourtant, un livre comme “Un autre pays” (1962), avec ses personna­ges sensibles et sensuels, brisés par le racisme, appelle l’incarnation à l’écran. Il aura fallu attendre davantage d’égalité à Hollywood, et la victoire aux Oscars, en 2017, de Moonlight, premier « meilleur film » joué exclusivement par des Afro-Américains, pour que son réalisateur, Barry Jenkins, concrétise son rêve : sa version de Si Beale street pouvait parler, publié par Baldwin en 1974. « Je ne souhaite à personne d’être obligé de regarder un être aimé à travers une vitre », dit la narratrice du roman et du film. Tish, modeste fille de Harlem, parle de son amoureux, Fonny, dont elle est enceinte et qu’elle ­visite en prison (on découvrira peu à peu, au fil des flash-back, les circonstances révoltantes de son arrestation.) Avec ces face-à-face réguliers, de part et d’autre de la vitre carcérale, le ­cinéaste déploie son empreinte : l’intense échange de regards entre le prisonnier et sa promise et l’aura d’in­nocence qui entoure leurs visages esquissent une mythologie du premier amour. Dans Moon-
light, cette magie romantique opérait pleinement au troisième acte, celui des ­retrouvailles des deux protagonistes, à l’âge adulte. Cette fois, elle irradie l’histoire de part en part.
A une société raciste, y compris dans ses rouages judiciaires, le film ­oppose, donc, la pureté d’un lien qui remonte à la petite enfance. Et la beauté des images, que tant de fictions ont, jusqu’ici, refusée aux héros de couleur, condamnés le plus souvent au réalisme triste, ­dénonciateur. Barry Jenkins offre, lui, aux amants de James Baldwin une ­esthétique digne du maître chinois Wong Kar-wai, par ses lumières et ses langueurs : de soyeux instants d’éternité (premier baiser, première nuit, premiers pas dans un appartement ­visité ensemble), tels les jalons d’une légende que le couple, séparé par l’injustice, puis les déceptions d’un procès expédié, pourra se remémorer.
Cette dimension légendaire répond aussi à un dessein plus ample, de la part du cinéaste : que les deux personnages deviennent les emblè­mes des minorités opprimées, dont la dignité reste inentamable. Le roman décrivait l’Amérique des années 1970, époque reconstituée à l’écran. Mais quarante ans après, les échos de faits divers analogues nous parviennent toujours. Le déni de justice qui vole son avenir au jeune homme évoque le monde selon Donald Trump, où la ­vérité n’a plus d’importance. La fin de Beale Street est, quant à elle  émouvante, tant elle superpose, implicitement, l’hier et l’aujourd’hui... 


Télérama

 

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