La Cache, roman autobiographique de Christophe Boltanski, raconte à hauteur d’enfant cent ans de l’histoire de sa famille, pour partie d’origine juive ukrainienne. Délibérément, le réalisateur isole dans cette fresque une période bien précise, très courte, qui ne fait que quelques pages dans le livre – feuilleté par le narrateur à l’écran : le mois de mai 1968.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Michel Blanc n’aura pas raté sa sortie – jusqu’au bout curieux d’explorer toutes les facettes du cinéma et de son métier d’acteur, choisissant ses rôles avec soin et dans tous les registres. Pour son ultime film, il a choisi Lionel Baier, discret réalisateur suisse, qui a le talent de traiter avec légèreté les choses les plus graves et la grande Histoire par le petit bout de la lorgnette – tant il est vrai que c’est depuis les marges qu’on observe le mieux l’absurdité du réel. Il a par exemple joliment évoqué la Révolution portugaise des Œillets à travers les péripéties d’une équipe de reporters radio suisses dans Les Grandes ondes (2014), ou plus récemment décrit le drame des migrants à travers les déambulations tragicomique d’une responsable d’ONG à Lampedusa dans La Dérive des continents (2022). D’après Utopia